Un tour de chant irrévérencieux et enlevé, servi de façon improbable, le temps d’un pied de nez aux féminités bien pensantes et trop bien pensées. Les 3 corps se mobilisent autant que les 3 voix, pour donner à saisir le sens premier, le sens caché, ou encore le sens donné de ces chansons bigarrées (on passe allègrement des Frères Jacques à Rage Against The Machine), que révèlent des arrangements vocaux bien léchés. Ces trois énergies s’engouffrent de manière intense, sans passer par la parole, dans un hommage chanté sincère et affuté à la femme plurielle. Un grand écart burlesque pour tous les yeux et toutes les oreilles.
Les Michelibediches, un trio vocal féminin swingué, joyeux, polyphonié, décadent, charnu, frais, envoyé, bien léché et néanmoins léger ! Un spectacle curatif et polisson !
Caroline Philippe (soprano), Claire Humbertjean (traverso) et Françoise Johannel (harpe) ont proposé le programme musical intitulé « Rossignol en amour ». Elles ont donné des œuvres écrites aux XVIIe et XVIIIe siècles pour la voix (airs de cour) et pour les instruments (pièces de caractère) par les compositeurs français Lambert, Boismortier, Couperin ou encore Charpentier. Dans la lignée de la mélodie française, l’air de cour met à l’honneur l’amour et la nature à travers la poésie.
Voici les trois extraits les plus significatifs qui illustrent bien les couleurs harmonieuses de cette belle soirée. Premier extrait « vos mépris chaque jour » – Michel Lambert Deuxième extrait « Pourquoi doux rossignol » – Jean-Baptiste Drouart de Bousset Troisième extrait « Le doux silence de nos bois » – Honoré d’Ambruis
Bogdan NESTERENKO, au Bayan (accordéon des pays de l’Est)
Dans cette vidéo, vous aurez une idée de cet instrument magnifiquement joué par Bogdan.
Virtuose ukrainien Bogdan Nesterenko, nous a emmener hors des sentiers battus pour « …un concert unique et exceptionnel… ». De la puissante « Toccata et fugue en ré-mineur » de J.S. Bach au vertigineux concerto « Hiver » des «Quatre Saisons» d’A. Vivaldi, en passant par des transcriptions originales des œuvres de Moussorgski…Concertiste renommé redonne des couleurs inédites aux plus grandes œuvres classiques. C’est ensuite que la promenade a pris un accent slave : les spectateurs ont navigué entre les rythmes dansants et nostalgiques amenés de l’Ukraine natale du musicien.
LA CONVIVENCIA musiques de l’Espagne des trois cultures
Avec la Compagnie Artemusie nous avons pris le chemin des pèlerins du XIVème et découvert les musiques de l’Espagne des trois cultures avec des chants aux polyphonies du début de la Renaissance. Ce fut un enchantement !
Ce couple, passionné de musique médiévale, a fait vibré leurs instruments au rythme de l’époque où les échanges artistiques, philosophiques et scientifiques entre les trois monothéismes étaient étroitement liés, jusqu’à l’édit d’expulsion des juifs de l’Espagne, qui marqua le début des temps modernes.
Avec leur instrumentarium de prédilection, Eva Fogelgesang et Christophe Deslignes ont fait résonner Cantigas de Santa Maria, chansons séfarades, musiques Arabo-andalouses, chansons du Libre Vermell et du Codex Calixtinus, chansons polyphoniques de Juan de Triana et Juan del Encina, dans un programme coloré et contrasté qui évoque les riches heures de la Convivencia.
avec
Eva Fogelgesang : voix, harpe à leviers, harpe à harpions, vièle
Gaëlle Coulon et Christophe Deslignes sont venus en résidence d’artistes à Kerboutier fin octobre 2025 pour mettre au point le programme qu’ils ont donné ce samedi 16 mai au public.
L’organetto est un instrument portatif médiéval. C’est un orgue miniature pouvant être porté dans les bras et qui consiste en un clavier utilisé d’une main et d’un soufflet manipulé de l’autre, le tout surmonté d’une ou deux rangées de tuyaux. Cet instrument était utilisé dans la musique profane et sacrée du XIIème au XVIème siècle.
Gaëlle et Christophe nous ont fait découvrir leur instrument
Elsa et Natacha ont offert à leur auditoire un moment hors du temps et hors du commun. Avec une voix lyrique, jazzy, diphonique, onomatopéique, elles nous ont partagé leur amour de la poésie et de la nature emprunt de fantaisie. Elles malaxent avec enthousiasme les mots, fouillent la palette infinie des sons vocaux. La voix se fait tour à tour contrebasse, tambour, sifflement de merle pur son ou encore verbe incarné dans la déclamation. Elles ont enchaîné mélopées, improvisations libres, polyphonies, textes littéraires… L’auditoire s’est laissé porter par le tissage des deux voix empreintes de sensibilité.
L’Ensemble Alçyone réunit depuis 2022 ces musiciens et musiciennes rennaises passionnées de musiques anciennes, dans un instrumentarium baroque qui varie au gré des programmes. Ce samedi soir, les 5 musiciens ont fait place à la musique italienne et nous ont plongé à l’orée de l’époque baroque avec des compositeurs tels que Frescobaldi, Caccini ou encore Kapsberger, que Corelli, le plus tardif, viendra compléter. Une instrumentation changeante et une ambiance intimiste et chaleureuse, voilà ce que nous ont réservé ces artistes de talent au Manoir de Kerboutier ce 11 avril qui ont été « bissés » et abondement applaudis !
Cycle majeur du romantisme allemand, Le Voyage d’hiver (Winterreise) de Franz Schubert explore l’errance intérieure d’un homme confronté à la solitude, au souvenir et au passage du temps. À travers vingt-quatre lieder d’une intensité rare, la voix et le piano tissent un dialogue intime où chaque nuance révèle un paysage émotionnel profond.
Antoine Deckeur et Michaël Thizy nous ont proposé une lecture sensible et épurée de cette œuvre monumentale, laissant toute sa place à la poésie de Wilhelm Müller et à la force expressive de la musique de Schubert.
La voix chaude et envoûtante d’Antoine ne nous a pas laissé indifférents dans l’interprétation de ce voyage initiatique qu’il a interprété en langue allemande. Michaël a exécuté cette œuvre sur le piano ERARD de Kerboutier, piano qui date de la période où cette page musicale a été écrite par Franz Schubert. Une projection des poèmes en français et en allemand a eu lieu pendant le concert.